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HISTOIRE DE LA TRINIDAD

SOUS LE GOUVERNEMENT ESPAGNOL

SECONDE PARTÎE

(De 1622 à 1797)
COLONISATION

CHAPITRE PREMIER

GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE-ANDALOUSIE

PREMIERS ÉTABLISSEMENTS DES NATIONS ÉTRANGÈRES

DANS LE NOUVEAU-MONDE

(1622-1640)

Au début de cet essai sur la longue et laborieuse colonisation de la Trinidad, il est nécessaire, à l'intelligence des difficultés qui y mirent obstacle, que nous jetions un regard rétrospectif sur l'histoire de la métropole. Cette revue préliminaire, nous la ferons aussi rapidement que possible.

L'Espagne, à la découverte du Nouveau-Monde, venait

d'achever de s'unifier; c'est de l'année même du premier voyage de Christophe Colomb que date, en effet, la prise de Grenade. Mais, bien qu'elle eût acquis des forces par son unification, elle n'occupait encore qu'une place secondaire dans le système politique de l'Europe. Elle ne commence à acquérir une véritable importance que par les richesses que lui apportent ses colonies transatlantiques. A partir de sa prodigieuse fortune, sa marche ascendante est continue. L'or américain, remué par la main habile de Ferdinand le Catholique, la met bientôt à la tête des nations. Sous le règne heureux de ce prince adroit et politique, ses armes sont partout victorieuses; son agriculture, son industrie et son commerce se développent rapidement. En peu de temps elle parvient à un si haut degré de prospérité, que ses nombreuses fabriques sont impuissantes à produire assez abondamment pour suffire à ses besoins, à ceux de ses colonies et aux demandes de l'étranger. Sous le règne suivant de Charles-Quint, elle parvient à l'apogée de sa grandeur et de sa puissance. Avec la conquête du Mexique et du Pérou, l'or afflue en telle abondance dans les coffres de l'État, que la valeur relative des métaux précieux entre eux et celle de ces métaux avec les produits manufacturés et le travail des ouvriers en sont rompues. Tandis que les fabriques de France et d'Angleterre sont encore dans l'enfance, les siennes se multiplient comme par enchantement'. A Séville, où se centralise son commerce américain, on ne compte pas moins de seize mille filatures donnant du travail à plus de cent Irente mille ouvriers. L'impulsion que reçoit alors son industrie de ses riches

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