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posait de sept pères et de trois frères capucins, savoir :

1° Le révérend père frère Tomás de Lupian; 2. Le révérend père frère Gabriel de Barcelona ; 30 Le révérend père frère José de Ezeba ; 4° Le révérend père frère Pedro de Aneto; 50 Le révérend père frère Arcangel de Barcelona ; 6° Le révérend père frère Basilio de Barcelona; 7° Le révérend père frère Felix de Mosset ; 89 Le frère Sylvestre de Montargull ; 9o Le frère Gil de Villamayor ; 10. Le frère Angel de Llavaneras (1).

Les missionnaires quittèrent l'Espagne le 20 juin 1687. Le voyage sut heureux ; le 9. août suivant, cinquante jours après leur départ, et malgré une relâche de plucieurs jours aux îles Canaries, on découvrit la terre, et le 16 du même mois, on mouilla à la Punta-delGallo, où l'on séjourna jusqu'au 22. Le 25, on arriva à Puerto-de-los-Hispanioles, et le lendemain on remonta en pirogues la rivière de Caroni, alors appelée Aripo, jusqu'à Porto-Grande, où l'on arriva le 27. Un nouveau gouverneur, Don Sebastian de Roseta, porteur des instructions de la cour d'Espagne pour l'avancement des nouvelles missions, avait accompagné les religieux ; il succédait à Don Diego Suarez Ponce de Léon, qui lui-même avait remplacé depuis peu le premier gouverneur particulier de l'ile, Don Tiburcio de Aspe y Zuñiga. Ils couchèrent tous à Porto-Grande, et le len

(1) P. Balme, Definicion de la provincia de Cataluña, notes ms.

demain ils se rendirent à San-José de Oruña, où ils furent reçus avec pompe ; à l'église, le révérend père Gabriel de Barcelona entonna le Te Deum et chanta la grand'messe. L'office terminé, les religieux allèrent chercher un logement au couvent de San-Antonio. Deux religieux observantins en formaient toute la communauté; l'un d'eux, le révérend père Francisco de Ribera, en était le gardien. Tous ces religieux, pendant plus d'un mois qu'ils passèrent à la ville pour se reposer et prendre langue, durent se contenter des trois seules petites cellules qu'ils y trouvèrent ; la chapelle était sans portes, ses murailles de tapia ou torchis, et ses vases sacrés de cuivre (1). Telle était la pauvreté de ce couvent.

Sur ces entrefaites, arrivèrent à San-José de Oruña deux autres religieux capucins catalans qui se joignirent aux premiers : le révérend père Tomás de Barcelona, depuis six ans dans les missions de Cumaná, et le frère Ramon de Figuerola, l'ancien compagnon de nos deux premiers missionnaires, les révérends pères Angel de Matarol et Pablo de Blanes. Ainsi portés au nombre de douze, ils tinrent chapitre dans la petite église du couvent, et en présence de l'ancien et du nouveau gouverneur, du clergé et des principaux habitants de la ville, ils élurent préfet le révérend père Tomás de Barcelona. Cette élection faite, ils eurent à s'occuper tout d'abord des encomiendas ou commanderies établies dans l'ile. Elles étaient au nombre de trois, savoir : celle d'Aricagua, å une lieue à l'ouest de la ville, et

(1) P. Balme, Definicion de la provincia de Cataluña, notes ms. celles de Tacarigua et d'Arauca, la première à une lieue et la seconde à deux lieues à l'est. Une cédule royale, à la date du 6 mars 1687, voulait que ces villages d’Indiens idolâtres, payant tribut de capitation, fussent transformés en missions ; elle affranchissait de tout tribut les Indiens de ces missions pendant vingt ans à compter du jour de leur conversion à la foi catholique, n'autorisait leur travail dans les plantations des Espagnols que sous l'expresse condition de leur libre consentement, et confirmait l'abolition des repartimienlos ou distributions, depuis longtemps édictées (1). Les religieux désignés pour opérer celte transformation furent : pour Aricagua, le révérend père Felix de Mosset et le frère Gil de Villamayor ; pour Tacarigua, les révérends pères José de Ezeba et Pedro de Aneto; et pour Arauca, les révérends pères Gabriel de Barcelona et Tomás de Lupian (2).

Ce fut le 13 octobre suivant que partirent les religieux au nombre de trois, savoir : le révérend père préfet, le révérend père Arcangel de Barcelona et le frère Angel de Llavaneras, pour aller à la recherche de sites propices à l'établissement des missions. Ils s'embarquèrent dans des pirogues, accompagnés de l'assor ou juge, du contador ou trésorier, de plusieurs Espagnols éminents de la ville et d'un guide indien, et furent conduits à une petite baie au sud de l'embouchure de la rivière de Guaracara. Là ils mirent pied à terre le 15, et dé

(1) Blanco, Documentos pa la historia del Libertador, t. I, fiv, n° 254, p. 451.

(2) P. Balme, Definicion de la provincia de Cataluña, notes ms.

pêchèrent le guide aux capitaines indiens pour annoncer leur visite. Dans l'après-midi du même jour, ils arriverent à une grande savane naturelle où ils trouvèrent les chefs des Indiens réunis au nombre de plus de cent cinquante. Le juge, prenant aussitôt la parole, leur expliqua le but de la visite des religieux ; il leur fit comprendre que l'intention du roi d'Espagne, au nom de qui ils agissaient, était qu'ils restassent libres, mais qu'ils fussent instruits dans la foi catholique, et que pour cela ils eussent la faculté de se grouper, comme les Espagnols, dans les grands centres de population. Ces explications ayant été favorablement accueillies, on s'occupa dės le lendemain matin, 16, du site de la mission; l'emplacement de l'église y fut déterminé, el sur cet emplacement fut élevé provisoirement une baraque dédiée à la Anunciacion ou Annonciation de Nazareth. Ce site est l'emplacement actuel du bourg de SavanaGrande ou Grande-Savane. Deux jours après, le 18, on se rembarqua pour aller chercher le site d'une seconde mission, et on aborda dans le port voisin de Guairia, aujourd'hui Naparima, au pied de la montagne isolée de ce nom, et sur le bord de la mer, pour en faire la mission principale. Sur l'emplacement assigné à son église, on construisit aussi une baraque provisoire dédiée à la Purisima Concepcion ou Immaculée-Conception de Notre-Dame. Ce sile est l'emplacement de la viile acluelle de San-Fernando (1).

Un mois après, vers le milieu de novembre, les religieux se mirent encore en voyage à la recherche de

(1) P. Balme, Definicion de la provincia de Cataluña, notes ms.

nouveaux emplacements de mission. Ils partirent cette fuis au nombre de quatre, savoir : le révérend père préfet, le révérend père Gabriel de Barcelona, le revérend père Felix de Mosset et le frère Gil de Villamayor, accompagnés d'un jeune Catalan, et exploitèrent la rive droite du Guaracara. Sur la rive gauche de la petite rivière de la Savaneta ou Petite-Savane, ils trouvèrent un site convenable, où ils élevèrent une petite église de cinq varas de large sur dix de long, qu'ils dédièrent à Santa-Ana ou Sainte-Anne. A côté, ils construisirent aussi un petit presbytère de deux chambrettes, où furent laissés le révérend père Felix de Mosset et le jeune Catalan. Ce fut le 23 novembre, jour de la fêle de saint Clément, que se célébra la première messe dans cette mission (1). Les trois autres religieux se dirigèrent ensuite sur la montagne de Monserrate, aujourd'hui Montserrat, au pied de laquelle ils sondèrent une autre mission, seulement connue sous le nom de mission de Montserrat (2). Ces deux dernières missions ne donnèrent naissance à aucune ville ou village.

Les religieux destinés aux missions de la Guyane furent le révérend père Tomás de Lupian, nommé vicepréfet, le révérend père Arcangel de Barcelona et le frère Ramon de Figuerola. Ils partirent le 11 novembre, accompagnés des væux et des regrets de toute la ville. Le voyage fut des plus malheureux ; la petite embarcation, chargée outre mesure de munitions de guerre

(1) P. Balme, Definicion de la provincia de Cataluña, notes ms.

(2) Fr. A. Caulin, Historia de la N.-Andalucia, liv. II, chap. II, p. 111.

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