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inutile, quoiqu'elle soit très-utile pour rendre le digcours plus net, et éviter plusieurs ambiguités.

Les Grecs en ont un, ó, », so.

Les langues nouvelles en ont deux; l'un qu'on appelle défini, comme le , la , en françois ; et l'autre indéfini, un, une.

Ces articles n'ont point proprement de cas, non plus que les noms. Mais ce qui fait que l'article le semble en avoir, c'est que le génitif et le datif se font toujours au plurier, et souvent au singulier, par une contraction des particules de et à, qui sont les marques de ces deux cas, avec le plurier les , et le singulier le. Car au plurier, qui est commun aux deux genres, on dit toujours au génitif des , par contracLion de de les : les rois, des rois, pour de les rois ; et au datif aux pour à les , aux rois, pour à les rois, en ajoutant à la contraction le changement d’l en u, qui est fort commun en notre langue; comme quand de mal on fait maux, de altus , haut, de alnus, aune.

On se sert de la même contraction et du même changement d'I en u au génitif et au datif da singulier, aux noms masculins qui commencent par une consonne. Car on dit du pour de le, du roi, pour de le roi; au pour à le, au roi , pour à le roi. Dans tous les autres masculins qui commencent par une voyelle, et tous les féminins généralement, on laisse l'article comme il étoit au nominatif; et on ne fait qu'ajouter

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de pour le génitif, et à pour le datif. L'état, de l'état, à l'état. La vertu, de la vertu , à la vertu.

Quant à l'autre article, un et une, que nous avons appelé indéfini , on croit d'ordinaire qu'il n'a point de plurier. Et il est vrai qu'il n'en a point qui soit formé de lui-même; car on ne dit pas, uns , unes, comme font les Espagnols, unos animales ; mais je dis qu'il en à un pris d'un autre mot, qui est des avant les subs

des animaux; ou de, quand l'adjectif précède, de beaux lits , etc. ou bien, ce qui est la même chose, je dis que la particule des ou de tient souvent au plurier le même lieu d'article indéfini, qu’un au singulier.

Ce qui me le persuade, est que dans tous les cas, hors le génitif, pour la raison que nous dirons dans la suite, par-tout où on met un au singulier, on doit mettre des au plurier, ou de avant les adjectifs.

tantifs,

Un orime si horrible mérite la mort. Nominatif. Des crimes si horribles (ou) de si horribles crimes méritent la mort.

un crime horrible. Accusatif. Il a commis des crimes horribles (ou) d'horribles

crimes.

pour un crime horrible. Ablatif. Il est puni pour des crimes horribles (ou) pour

d'horribles crimes.

à un crime horrible. Datif. Il a eu recours à des crimes horribles (ou) d d'hor

ribles crimes.

d'un crime horrible. Génitif. Il est coupable de crimes horribles (ou) d'horribles

crimes.

T2

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Remarquez qu'on ajoute à, qui est la particule duo datif, pour en faire le datif de cet article, tant au singulier, à un, qu'au plurier, à des ; et qu'on ajoute aussi de, qui est la particule du génitif, pour en faire le génitif du singulier, savoir, d'un. Il est donc visible que, selon cette analogie, le génitif plurier devoit être formé de même, en ajoutant de à des ou de ; mais qu'on ne l'a pas fait pour une raison qui fait la plupart des irrégularités des langues, qui est la cacophonie, ou mauvaise prononciation. Car de des, et encore plus de de, eût trop choqué l'oreille, et elle eût eu peine à souffrir qu'on eût dit : Il est accusé de des crimes horribles, ou, Il est accusé de de grands crimes. Et ainsi, sur la parole d'un ancien, Impetratuin est à ratione , ut peccare suavitatis causâ liceret (1)

Cela fait voir que des est quelquefois le génitif plurier de l'article le, comme quand on dit : Le Sauveur des hommes, pour de les hommes ; et quelquefois le nominatif ou l'accusatif, ou l'ablatif, ou le datif du plurier de l'article un, comme nous venons de le faire voir : et que de est aussi quelquefois la simple marque du génitif sans article ; comme quand on dit : Ce sont des festins de roi; et quelquefois, ou le génitif plurier du même article un, au lieu de des; ou les autres cas du même article devant les adjectifs, comme nous l'avons 'montré.

(1) On lit dans le texte de Cicéron, à consuetudine.

Nous avons dit en général que l'usage des articles étoit de déterminer la signification des noms communs; mais il est difficile de marquer précisément en quoi consiste cette détermination, parce que cela n'est

pas uniforme en toutes les langues qui ont des articles. Voilà ce que j'en ai remarqué dans la nôtre :

Le nom commun, comme ROI,

'ou n'a qu'une significa-sIl a fait un festin de roi.

tion fort confuse, Ils ont fait des festins de rois. Sans article, ou en a une déterminée (Louis xiv est roi.

par le sujet de la pro-{Louis XIV et Philippe iv sont position

rois.

Le roi ne dépend point de ses L'espèce dans toute son sujets. étendue;

Les rois ne dépendent point de Avec

leurs sujets. l'article

(Le roi fait la paix ; c'est-à-dire le le,signi- Un ou plusieurs singu

à cause des cirliers déterminés par

constances du temps. les circonstances des celui qui parle , ou du Les rois ont fondé les principales discours.

abbayes de France; c'est-à-dire les rois de France,

Un roi détruira Un au singu

Constantinolier, Avec

ple.

individus

signifie l'article

Rome a été goudes ou de au

vagues. plu

vernée

par

des plurier,

rois (ou) par de grands rois.

roi Louis XIV,

fie ou

un

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ou

sieurs

Nous voyons par-là que l'article ne se devroit point mettre aux noms propres , parce que signifiant une chose singulière et déterminée, ils n'ont pas besoin de la détermination de l'article.

Néanmoins l'usage ne s'accordant pas toujours avec la raison, on en met quelquefois en grec aux noms propres des hommes mêmes, ó DINATOS, Et les Italiens en font un usage assez ordinaire, l'Ariosto, il Tasso, l'Aristotele : ce que nous imitons quelquefois, mais seuleinent dans les noms purement italiens, en disant, par exemple, l'Arioste , le Tasse ; au lieu que nous ne dirions pas l'Aristote, le Platon. Car nous n'ajoutons point d'articles aux noms propres des hommes, si ce n'est par mépris, ou en parlant de personnes fort basses, le tel, la telle ; ou bien que d'appellatifs ou communs, ils soient devenus propres : comme il y a des hommes qui s'appellent le Roi , le Maitre ,

le Clerc. Mais alors tout cela n'est pris que comme un

de sorte que ces noms passant aux femmes, on ne change point l'article le en la, mais une femme signe, Marie le Roi, Marie le Maitre , etc.

Nous ne mettons point aussi d'articles aux noms propres des villes ou villages, Paris, Rome, Milan, Gentilly, si ce n'est aussi que d'appellatifs ils soient devenus propres : comme la Capelle , le Plessis, le Castelet.

Ni pour l'ordinaire aux noms des églises, qu'on nomme simplement par le nom du Saint auquel elles sont dédiées. Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Jean. Mais nous en mettons aux noms propres

des

royaumes et des provinces : la France, l'Espagne, la Picardie , etc. quoiqu'il y ait quelques noms de pays

seul mot ;

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