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Pon n'en mette point : comme Cornouailles , Comminges, Roannez.

Nous en mettons aux noms des rivières : la Seine, le Rhin.

Et de montagnes : l'Olympe, le Parnasse,

Enfin il faut remarquer que l'article ne convient point aux adjectifs, parce qu'ils doivent prendre leur détermination du substantif. Que si on l'y joint quelquefois, comme quand on dit, le blanc, le rouge ; c'est qu'on en fait des substantifs, le blanc étant la même chose que la blancheur : ou qu'on y sous-entend le substantif; comme si, en parlant du vin, on disoit : J'aime mieux le blanc.

CHAPITRE VIII.

Des Pronoms.

COMME les hommes ont été obligés de parler souvent des mêmes choses dans un même discours, et qu'il eût été importun de répéter toujours les mêmes noms, ils ont inventé certains mots pour tenir la place de ces noms, et que pour cette raison ils ont appelés pronoms.

Premièrement, ils ont reconnu qu'il étoit souvent inutile et de mauvaise grâce de se nommer soi-même; et ainsi ils ont introduit le pronom de la première personne, pour mettre au lieu du nom de celui qui parle : Ego, moi, je.

Pour n'être pas aussi obligés de nommer celui à qui on parle, ils ont trouvé bon de le marquer par un mot qu'ils ont appelé pronom de la seconde personne: Tu, toi, tu ou vous.

Et pour n'être pas obligés non plus de répéter les noms des autres personnes ou des autres choses dont on parle, ils ont inventé les pronoms de la troisième personne : ille , illa, illud ; il, elle, lui, etc. Et de ceuxci il y en a qui marquent comme au doigt la chose dont on parle , et qu'à cause de cela on nomme démonstratifs; comme hic, celui-ci : iste, celui-là, etc.

Il y en a aussi un qu'on nomme réciproque, c'est-àdire, qui rentre dans lui-même; qui est, sui , sibi, se; se. Pierre s'aime, Caton s'est tué.

Ces pronoms faisant l'office des autres noms, en ont aussi les propriétés : comme,

LES NOMBRES singulier et plurier : je, nous ; tu , vous : mais en françois on se sert ordinairement du plurier vous au lieu du singulier tu ou toi , lors même que l'on parle à une seule personne : Vous étes un homme de

promesse. LES GENRES : il, elle ; mais le pronom de la mière personne est toujours commun; et celui de la seconde aussi, hors l'hébreu, et les langues qui l'imitent, où le masculin KNX est distingué du féminin LES CAS : Ego, me; je, me, moi. Et même nous avons déja dit en passant, que les langues qui n'ont point de cas dans les noms, en ont souvent dans les pronoms.

de la pre

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C'est ce que nous voyons en la nôtre, où l'on peut considérer les pronoms selon trois usages que nous marquerons par cette table:

A VANT LES VERBES, | PAR-TOUT AILLEURS.

AU

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Mais il y a quelques remarques à faire sur cette table.

La 1. est que pour abréger , je n'ai mis nous et vous : qu'une seule fois, quoiqu'ils se disent par-tout avant les verbes, après les verbes, et en tous les cas. C'est

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pourquoi il n'y a aucune difficulté, dans le langage ordinaire , aux pronoms de la première et de la seconde personne, parce qu'on n'y emploie que nous,

vous.

La 2o. est que ce que nous avons marqué comme le datif et l'accusatif du pronom il, pour être mis avant les verbes, se met aussi après les verbes quand ils sont à l'impératif. Vous lui dites; Dites-lui. Vous leur dites ; dites-leur. Vous le menez; menez-le. Vous la conduisez ; conduisez-la. Mais me, te, se, ne se disent jamais qu'avant le verbe. Vous me parlez. Vous me menez. Et ainsi, quand le verbe est à l'impératif, il faut mettre moi au lieu de me. Parlezmoi. Menez-moi. C'est à quoi M. de Vaugelas semble n'avoir pas pris garde, puisque cherchant la raison pourquoi on dit menez-ly, et qu'on ne dit pas menez-m'y , il n'en a point trouvé d'autre que la cacophonie : au lieu qu'étant clair que moi ne se peut point apostropher, il faudroit, afin qu'on pût dire menez-m'y, qu'on dît aussi menez-me ; comme on peut dire menez-ly, parce qu'on dit menez-le. Or menez-me n'est pas françois, et par conséquent menez-m'y ne l'est pas aussi. .

La 3o. remarque est que, quand les pronoms sont avant les verbes ou après les verbes à l'impératif, on ne met point au datif la particule d. Vous me donnez; donnez-moi, et non pas donnez à moi , à moins que l'on n'en redouble le pronom, où l'on ajoute ordinairement même, qui ne se joint aux pronoms qu'en la troisième personne. Dites-le moi à moi : Je vous le donne à vous : Il me le promet à moi-même : Dites-leur à eux-mêmes : Trompez-la elle-même : Diles lui à elle-même.

La: 4o. est que dans le pronom il, le nominatif il ou elle, et l'accusatif le ou la , se disent indifféremment de toutes sortes de choses ; au lieu que le datif, l'ablatif, le génitif et le pronom son, sa , qui tient lieu du , génitif, ne se doivent dire ordinairement que des

personnes,

Ainsi l'on dit fort bien d'ane maison de campagne : Elle est belle : je la rendrai belle : mais c'est mal parler que de dire : Je lui ai ajouté un pavillon : Je ne puis vivre sans elle : C'est pour l'amour d'elle que je quitte souvent la ville : $a situation me plait. Pour bien parler, il faut dire : J'y ai ajouté un pavillon : Je ne puis vivre sans cela, ou sans le divertissement que j'y prends : Elle est cause que je quitte souvent la ville : La situation m'en platt.

Je sais bien que cette règle peut souffrir des exceptions. Car 1. les mots qui signifient une multitude de personnes, comme Eglise , peuple , compagnie , n'y sont point suje

2. Quand on anime les choses, et qu'on les regarde comme des personnes, par une figure qu'on appelle prosopopée, on y peut employer les termes qui conviennent aux personnes.

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