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CHAPITRE X I.

· Des Prepositions.

Nous avons dit ci-dessus, chap. 6, que les cas etles prépositions avoient été inventés pour le même usage, qui est de marquer les rapports que les choses ont les unes aux autres.

Ce sont presque les mêmes rapports dans toutes les langues, qui sont marqués par les prépositions : c'est pourquoi je me contenterai de rapporter ici les principaux de ceux qui sont marqués par les prépositions de la langue françoise, sans m'obliger à en faire un dénombrement exact, comme il seroit nécessaire pour une Grammaire particulière.

Je crois donc qu'on peut réduire les principaux de ces rapports à ceux

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.. . en Il va en Italie, r où lon tend, J, à à Rome.

vers L'aimant se tourne vers le Nord. Du terme

I envers Son amour envers Dieu. (que l'on quitte. de Il part de Paris.

De la cause

efficiente, { par Maison bâtie par un architecte,
matérielle, { de de pierre ou de brique,

finale. { pour pour y loger.

Union, séparation,

exception, opposition,

Autres rapports

de

avec les soldats avec leurs officiers.
sans les soldats sans leurs officiers.
outre compagnie de cent soldats, outre

les officiers.
contre soldats révoliés contre leurs offi-

ciers. de soldats retranchés du régiment. pour rendre un prisonnier pour un autre.. selon selon la raison.

retranchement,
permutation,
conformité ,

Il y a quelques remarques à faire sur les prépositions, tant pour toutes les langues, que pour la françoise en particulier.

La 15e. est qu'on n'a suivi en aucune langue, sur le sujet des prépositions, ce que la raison'auroit desiré, qui est qu'un rapport ne fût marqué que par une préposition, et qu'une même préposition ne marquật qu'un seul rapport. Car il arrive au contraire dans toutes les langues, ce que nous avons vu dans ces exemples pris de la françoise, qu'un même rapport est signifié par plusieurs prépositions, comme dans , en , à ; et qu'une même préposition, comme en, à, marque divers rapports. C'est ce qui cause sou

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mots, se prenant en plusieurs sens , les éc
Nouveau Testament, qui l'ont rendue no
prennent aussi cet év ou in, en des sens fort différens:
comme on voit particulièrement dans S. Paul, où cet
in se prend quelquefois pour par : Nemo potest di-
cere, Dominus Jesus, nisi in spiritu sancto ; quel-
quefois pour selon : Cui vult, nubat tantùm in Do-
mino; quelquefois pour avec : Omnia vestra in cha-
ritate fiant; et encore en d'autres manières.

La 2°. remarque est que de et à ne sont pas seule-
ment des marques du génitif et du datif, mais aussi
des prépositions qui servent encore à d'autres rap-
ports. Car quand on dit : Il est sorti de la ville , ou,
Il est allé A sa maison des champs ; de ne marque
pas un génitif, mais la préposition ab ou ex; egressus
est ex urbe : et à ne marque pas un datif, mais la
préposition in; abiit in villam suam.

La 3°. est qu'il faut bien distinguer ces cinq prépo-
sitions, dans, hors, sus, sous , avant, de ces cinq mots
qui ont la même signification, mais qui ne sont point
prépositions, au moins pour l'ordinaire; dedans, as
hors, dessus, dessous, auparavant.
· Le dernier de ces mots est un adverbe qui se met

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ent remas

quand on

le nom

absolument, et non devant les noms. Car l'on dit bien : Il étoit venu auparavant; mais il ne faut pas dire : Il étoit venu auparavant dîner, mais avant dîner, ou avant que de diner. Et pour les quatre autres, dedans, dehors , dessus, dessous , je crois que ce sont des noms, comme il se voit, en ce qu'on y joint presque toujours l'article; le dedans, le dehors, au dedans, au dehors; et qu'ils régissent le nom au génitif, qui est le régime des noms substantifs ; au dedans de la maison, audessus du toit.

Il y a néanmoins une exception , que M. de Vaugelas a judicieusement remarquée , qui est que ces mots redeviennent prépositions , quand on met ensemble les deux opposés , et qu'on ne joint le nom qu'au dernier ; comme : La peste est dedans et dehors la ville. Il y a des animaux dessus et dessous la terre. .

La 4o. remarque est sur ces quatre particules, en, y, dont, , qui signifient de ou à dans toute leur étendue, et de plus lui ou qui : car en signifie de lui, à lui, dont de qui, et où à qui. Et le principal usage de ces particules est pour observer les deux règles dont nous avons parlé dans le chap. des prénoms, qui est que lui et qui au génitif, au datif, à l'ablatif, ne se disent ordinairement que des personnes ; et ainsi quand on parle des choses, on se sert d'en au lieu du génitif de lui, ou du pronom son ; d'y au lieu du datif à tui ; de dont au lieu du génitif de qui, ou duquel, qui se peut dire, mais est d'ordinaire assez languissant ; et d'où au lieu du datif à qui , ou auquel. Voyez le chap. des pronoms.

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LE desir que les hommes ont d'abréger le discours, est ce qui a donné lieu aux adverbes , car la plupart de ces particules ne sont que pour signifier en un seul mot, ce qu'on ne pourroit marquer que par une préposition et un nom : comme sapienter, sagement, pour cum sapientia , avec sagesse; hodiè , pour in hoc die , aujourd'hui.

Et c'est pourquoi, dans les langues vulgaires, la plupart de ces adverbes s'expriment d'ordinaire plus élégamment par le nom avec la préposition : ainsi on dira plutôt avec sagesse, avec prudence, avec orgueil, avec modération , que sagement, prudemment, orgueilleusement, modérément, quoiqu'en latin, au contraire il soit d'ordinaire plus élégant de se servir des adverbes.

De là vient aussi qu'on prend souvent pour adverbe ce qui est un nom; comme instar en latin, comme primùm, ou primò, partim , etc. Voyez, Nouv. Méth. Latine; et en françois, dessus , dessous, dedans, qui

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