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Dabo, 1823 - 382 páginas
 

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Página 219 - C'est en vain qu'au Parnasse un téméraire auteur Pense de l'art des vers atteindre la hauteur : S'il ne sent point du ciel l'influence secrète, Si son astre en naissant ne l'a formé poète, Dans son génie étroit il est toujours captif; Pour lui Phébus est sourd , et Pégase est rétif.
Página 257 - Je sais qu'un noble esprit peut sans honte et sans crime Tirer de son travail un tribut légitime : Mais je ne puis souffrir ces auteurs renommés Qui , dégoûtés de gloire et d'argent affamés, 130 Mettent leur Apollon aux gages d'un libraire, Et font d'un art divin un métier mercenaire.
Página 224 - Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Et réduisit la muse aux règles du devoir.
Página 25 - Souvent j'ai beau rêver du matin jusqu'au soir : Quand je veux dire blanc, la quinteuse dit noir; Si je veux d'un galant dépeindre la figure...
Página 229 - Au contraire cet autre , abject en son langage , Fait parler ses bergers comme on parle au village. Ses vers plats et grossiers, dépouillés d'agrément, Toujours baisent la terre , et rampent tristement : On dirait que Ronsard, sur ses pipeaux rustiques...
Página 238 - Ce qu'on ne doit point voir , qu'un récit nous l'expose : Les yeux en le voyant saisiraient mieux la chose; Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux.
Página 225 - J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, Qu'un torrent débordé, qui d'un cours orageux, Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux, Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Página 144 - Courir de là le Gange en de nouveaux pays, Faire trembler le Scythe aux bords du Tanaïs, Et ranger sous nos lois tout ce vaste hémisphère ; Mais, de retour enfin, que prétendez-vous faire ? • — Alors, cher Cinéas, victorieux, contents, Nous pourrons rire à l'aise et prendre du bon temps.
Página 225 - En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre ou le tour vicieux: Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme: Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.
Página 249 - D'un avare souvent tracé sur son modèle ; ] Et mille fois un fat , finement exprimé , Méconnut le portrait sur lui-même formé. Que la nature donc soit votre étude unique , Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique. Quiconque voit bien l'homme, et d'un esprit profond, De tant de cœurs cachés a pénétré le fond ; Qui sait bien ce que c'est qu'un prodigue, un avare , Un honnête homme , un fat , un jaloux , un bizarre , Sur une scène heureuse il peut les étaler, Et les faire à nos...

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